(Image: Christian Frei)
Sept francs sur dix de l'ensemble des budgets consacrés aux votations de 2025 provenaient des associations. Au total, les campagnes ont déclaré l'année dernière 14,6 millions de francs pour la campagne de votation, dont 10,4 millions provenaient des associations. Les partis n'ont contribué qu'à hauteur de 12 % seulement.
Avec l'aide de «l’argent + la politique», Lobbywatch.ch a analysé les budgets consacrés aux votations de 2025 et a calculé qui a dépensé combien pour les votations fédérales de cette année-là.
En premier lieu, les propriétaires
L'association des propriétaires immobiliers arrive en tête en matière de budget de campagne. Lors du vote sur la suppression de la valeur locative, elle s'est battue presque seule, avec 6,5 millions de francs. C'est douze fois plus que le camp adverse, qui n'a réuni qu'un peu plus d'un demi-million.
Une seule association a ainsi absorbé 44 % de l'ensemble des budgets de campagne de l'année.
Le top 10
Economiesuisse occupe la deuxième place du classement des plus grands bailleurs de fonds, avec 1,9 million de francs. Depuis le début des enquêtes, cette fédération faîtière du monde économique est toutefois de loin le plus grand bailleur de fonds de la politique nationale, comme l’a calculé SRF Data.La troisième place revient au « Comité d’action pour la liberté », un comité anonyme opposé à l’impôt sur les successions, avec un budget de trois quarts de million. À eux seuls, les dix plus grands bailleurs de fonds représentent 12 millions sur le total des fonds. Seuls dix acteurs financent donc les quatre cinquièmes des budgets consacrés aux votations.
En comparaison, les partis sont loin derrière sur le plan financier. Ensemble, ils ont financé des campagnes pour un montant total de seulement 1,7 million de francs – dont plus des deux tiers ont été apportés par le PS et le PLR.
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Quelques riches très influents
Mais des particuliers ont également versé des sommes importantes. Le don privé le plus important connu a été effectué par Leopold Brügger, de Männedorf (ZH). Ce pharmacien, qui milite depuis des décennies contre toute forme de « discrimination à l’égard des hommes », a versé 255 000 francs en faveur de l’initiative « Service-Citoyen ».
Au total, sept particuliers ont versé chacun plus de 15 000 francs à des campagnes référendaires l’année dernière, soit au total un bon demi-million. À lui seul, Brügger a contribué à près de la moitié de cette somme.
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Des budgets inégaux
Pour les cinq projets soumis au vote en 2025, les comités de contrôle financier ont déclaré des budgets s’élevant au total à 14,6 millions de francs. Seuls trois de ces projets ont toutefois dépassé la barre du million : l’impôt sur les successions, la suppression de la valeur locative et l’E-ID.
Pour ces trois projets, les moyens financiers en jeu étaient très inégaux. Concernant la valeur locative, la HEV a dépensé plus de douze fois plus que le camp adverse. Pour l’impôt sur les successions, les opposants à l’initiative, le PS et les Jeunes socialistes, ont écrasé leurs adversaires grâce à une puissance financière dix fois supérieure : 4,2 millions contre 0,4 million. Quant à l’E-ID, la vaste alliance des partisans – Economiesuisse, digitalswitzerland, les lobbies de l’assurance et du tabac, Swisscom ainsi que les groupes de presse Ringier et TX Group – disposait de deux fois plus d’argent que le camp adverse.
L’alliance du « non » contre l’initiative des Jeunes socialistes s’est en outre distinguée par son manque de transparence. Elle se composait de 1,3 million de francs provenant d’Economiesuisse, de 600 000 francs de l’Union suisse des arts et métiers, de Swissmem et de l’association des « family offices », ainsi que de 1,75 million de francs provenant de dons anonymes et d’une « Action pour la liberté ». Ainsi, près de la moitié des 3,65 millions de francs au total est restée opaque.
L’alliance du « non » contre l’initiative des Jeunes socialistes s’est en outre distinguée par son manque de transparence. 1,3 million de francs provenaient d’Economiesuisse, 600'000 francs de l’Union suisse des arts et métiers, de Swissmem et de l’association des « family offices ». Le reste – 1,75 million de francs – provenait de dons anonymes et de l’organisation secretiste « Aktion für Freiheit ». Ainsi, près de la moitié des 3,65 millions de francs au total restait opaque.
Les données montrent que, selon la réglementation actuelle en matière de financement politique, l’identité de ceux qui se cachent réellement derrière ces millions reste obscure – une situation que seule une obligation de transparence plus stricte peut changer.













