(Photo: Christian Frei)
15,5 millions de francs sont consacrés à la campagne référendaire sur l'initiative des 10 millions. Aucun projet n'avait encore coûté autant depuis le début de l'obligation de publication en 2024. Le site moneyinpolitics.ch révèle qui finance réellement la campagne : le « oui » est financé à lui seul par l’UDC. Le « non » est soutenu par une large alliance. Celle-ci est financée principalement par Economiesuisse, dans le cadre d’un rare rapprochement avec les sociaux-démocrates et les syndicats.
Depuis 2024, les comités sont tenus de divulguer leurs budgets supérieurs à 50 000 francs et l'identité de leurs principaux donateurs à partir de 15 000 francs. Pour la première fois, il est possible de retracer qui fait de la politique et grâce à l'argent de qui. C'est important, car la Suisse ne connaît pas de financement public des partis.
Sur la plateforme « l'argent + la politique » , Lobbywatch et le collectif de recherche WAV permettent de consulter ces données et de les explorer sous forme de réseau. Le tableau reste toutefois incomplet : une évaluation de l'Office fédéral de la justice recense onze lacunes dans la réglementation. Néanmoins, une tendance claire se dessine concernant l'initiative des 10 millions.
SVP and friends
Les trois campagnes en faveur du « oui » ont récolté 6,4 millions de francs. Ces fonds proviennent intégralement de l'UDC. La campagne principale se présente sous le nom de « Communauté d'intérêts pour l'initiative sur le développement durable ». Son adresse, située au 14 de la Lagerstrasse à Dübendorf, appartient toutefois à l'UDC de Zurich, et la quasi-totalité du budget est financée par des organes de l'UDC.
Plus de 5 millions proviennent de l’UDC Suisse, de l’UDC de Zurich et de la Fondation pour la politique bourgeoise, proche du parti. 730 000 francs sont apportés par d’autres acteurs de l’UDC : le doyen Christoph Blocher, la société Emil Frey AG de l’ancien conseiller national Walter Frey, le conseiller national Thomas Matter et son confident de longue date Philippe Gaydoul . Seuls 286'000 francs proviennent de petits donateurs et donatrices.
Economiesuisse finance près de la moitié de la campagne pour le « non »
Du côté du « non », on totalise 9,1 millions de francs, répartis entre 16 campagnes. Derrière ce mouvement se cache une large alliance. Sur le plan financier, cependant, ce sont les milieux économiques qui dominent. Economiesuisse investit 4,4 millions de francs, soit près de la moitié du budget total du « non ». Les chambres de commerce de Zurich, de Bâle et de la région lémanique apportent une contribution supplémentaire de 600 000 francs.
Les budgets du PLR et du Centre sont également remarquables. Ils ne dépensent pas leur propre argent : leurs campagnes reposent exclusivement sur les fonds d'Economiesuisse.
Le capital et le travail contre l'UDC
La seconde partie du financement de la campagne pour le « non » est assurée par le PS et les syndicats. Il s'agit d'une alliance rare entre salariés et employeurs. Le PS apporte 1,6 million de francs, provenant presque exclusivement de petits dons. Les syndicats, unis, y ajoutent 1,1 million de francs.
Le reste des campagnes en faveur du « non » est soutenu par les secteurs du tourisme et de la restauration, l'association des locataires et l'Operation Libero. Tous les flux financiers et les liens entre les acteurs peuvent être explorés sur le site « L'argent + la politique » , qui présente ces informations sous forme de réseau.
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