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150’000 francs pour un siège au Conseil des États

23.09.2021 14:16 – Thomas Angeli

Grâce à la nouvelle loi sur la transparence du canton de Fribourg, nous savons combien coûte un siège au Conseil des États. Et que le PS peut aussi investir beaucoup dans la campagne électorale.

À Fribourg, pour la première fois, il est possible de savoir à quoi ressemblent les budgets des campagnes électorales lorsque la loi prévoit qu’ils soient publiés. Depuis le 1er janvier, le canton situé à la frontière linguistique dispose d’une loi sur la transparence qui oblige les candidat-es à divulguer leur budget avant même l’élection. Le 26 septembre, Isabelle Chassot (Le Centre) et Carl-Alex Ridoré (PS) s’affronteront pour remporter le siège du vétéran du PS Christian Levrat. Les budgets publiés le montrent : même dans le dixième plus grand canton, il faut dépenser une somme colossale si l’on veut être élu-e.

Le budget d’Isabelle Chassot est de 135 000 francs, celui de Carl-Alex Ridoré de 148 000. Il est intéressant de voir comment les montants sont composés. Deux budgets ont été publiés pour la campagne électorale de Chassot : celui du parti du Centre (50 000 francs) et celui de l’ensemble de la campagne, qui comprend également la contribution du parti du Centre. Le parti national investit 30 000 francs, tandis que Mme Chassot elle-même verse une somme égale pour sa campagne. Ce qui est frappant dans ce budget, c’est qu’environ 53 000 francs sont alloués à la catégorie «autres dons et contributions» - ce qui ne dit pas grand-chose sur l’origine de l’argent.

Pour le candidat du PS Carl-Alex Ridoré, le budget a une toute autre allure : le parti y joue le rôle de sponsor de la campagne, pour laquelle il prélève environ 115 000 francs dans ses caisses. S’y ajoutent 20 000 francs provenant des contributions des élu-es du PS dans les différents parlements. Les «autres dons et contributions» ne représentent que 2 000 francs du budget de campagne de Ridoré, le candidat lui-même ne supportant aucun coût.

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La première publication des budgets de campagne fait apparaître deux points intéressants : d’une part, le PS dispose apparemment - du moins dans le canton de Fribourg - d’une trésorerie bien remplie pour les campagnes électorales, tandis que le Centre doit aller chercher l’argent à des endroits complètement différents. D’autre part, la campagne électorale en Nuithonie démontre également que les indemnités sont fixées très haut : les dons des entreprises et organisations doivent être déclarés à partir de 1000 francs (dans ce cas précis, il s’agissait uniquement de la contribution du Centre Suisse et d’une seule entreprise), les dons des particuliers ne sont déclarables qu’à partir de 5000 francs. Ni Chassot ni Ridoré n’enregistrent ces dons individuels. L’origine des «autres dons et subventions» - c’est-à-dire les autres petits dons – reste, elle, dans l’ombre.

*Chez Isabelle Chassot, la contribution de l’état de CHF 10 000 est incluse dans les recettes propres du parti